Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Au fil des mots et des semaines

Réflexions sur le lâcher-prise

22 Juin 2015, 11:57am

Publié par Martine Perthuis

Réflexions sur le lâcher-prise

Réflexions

A me lire, vous avez sans doute compris que j’ai des problèmes de santé et déjà mettre des mots sur les maux m’a aidé à sortir de cette solitude forcée car la maladie est solitude, malgré tout le soutien que vous avez dans votre entourage.

Tant que tout va bien dans notre vie, les échanges se passent naturellement, tant au point de vue regard, toucher, paroles….simples outils naturels de la communication entre les uns et les autres et le jour où la maladie s’installe, tout s’effondre, tous ses éléments fondamentaux de la communication prennent des tournures inattendues que le malade doit affronter :

  • Les regards deviennent fuyants, différents, pleins de pitié ou même de crainte, désolants …en même temps il faut avouer qu’il serait difficile et même incompréhensible de faire « comme si »…
  • Les paroles sont souvent maladroites, ou trop choisies ou même indiscrètes, curieuses, voire malsaines ….et bien souvent tout sauf naturelles.
  • Ne parlons pas alors du toucher, du contact…comme si cela était contagieux, ou tout simplement la peur de faire mal…

Difficile en plus d’expliquer le ressenti, si le mal dont il est atteint n’est pas si visible à première vue…

Et bien souvent à l’annonce de votre maladie, vous devez en plus faire face à cette éventualité de non guérison, voire pire ….et là, non seulement le monde s’écroule autour de vous mais vous plongez naturellement dans un isolement et une solitude sans pareil. Une partie de votre temps  est occupée par les soins…La maladie est devenue le personnage principal de votre Vie…

Vous devez faire face à une réalité, une qualité de vie moindre, une possible aggravation …vous devez apprendre à gérer cette perte d’estime de soi car

  • Vous devenez quelque peu dépendant des autres, l’impression même « d’être un fardeau »
  • Vos capacités physiques sont moindres
  • Votre image de vous-même est loin d’être au top (voir le poème http://au-fil-des-mots-et-des-semaines.over-blog.com/2015/03/comment-le-miroir.html le miroir)
  • Vous avez souvent un sentiment d’inutilité…combien de fois ai-je pensé « à quoi je sers... je suis bonne à rien »…
  • Vous devez faire le deuil de tellement de choses, de confort, de rêves, de sorties devenues impossibles car vous ne voulez pas « être une gêne »…vous vous « désocialisez »
  • Votre réseau social s’amoindrit car tout devient compliqué.

Dans cette solitude vous devez gérer le ressenti de vos proches, pas toujours évident ou facile, vous culpabilisez de cet état de fait…..combien de fois « ai-je demandé pardon d’être ainsi, combien de fois me suis-je excusée  de ne pouvoir faire ceci ou cela »…l’humilité devient votre quotidien…

Certains n’osent pas vous regarder et pourtant, quelquefois il serait si simple et si doux de pleurer ensemble, les yeux dans les yeux, les mains dans les mains, sans rien dire ou au contraire en l’exprimant…»

 

Vous devez essuyer les impatiences de l’autre, et encore heureux si votre compagnon ou compagne est à vos côtés car malheureusement combien de ruptures découlent des maladies…

(Merci à ceux qui sont présents, à ceux qui renouvellent tous les jours leur engagement « pour le meilleur et pour le pire, dans la santé ou la maladie » … merci pour leur patience, merci à eux qui sont nos bras, nos jambes, nos soutiens…) mais quel que soit le support que le conjoint, l’enfant, l’ami, le proche, le parent apportera pour vous encourager et vous soutenir, l’épreuve du soin, de la douleur, vous l’affronterez toujours dans la solitude …

Vous comprenez que votre état n’est pas facile à vivre pour l’autre, qui, souvent traverse des sentiments de peur, d’angoisse, de colère, de peine, de douleur, les mêmes que les vôtres  en fait …allant quelquefois jusqu’à penser « mais moi, je souffre plus que toi »… (Déjà entendu) …

 

 

La maladie entraine obligatoirement un retour sur soi et pour ma part, un apprentissage du lâcher-prise, d’un détachement.

Car en effet, il y a des choses que vous ne pourrez pas changer, ni les autres…et vous perdez inutilement de l’énergie.

Alors au lieu de vouloir tout contrôler, on apprend à accepter ce qui est, à reconnaitre nos limites, à prendre conscience de nos émotions, à prendre du recul  face aux situations, et en comprendre le sens, à nous détacher de tout…et ce n’est pas renoncer ou se résigner …bien au contraire ! Apprendre à vivre dans l’instant et en profiter…

L’amour que l’on donne devient l’amour de l’autre dans sa liberté d’être, n’a plus de caractère possessif…c’est loin d’être facile car l’amour donne souvent un sentiment de possession, l’envie de préserver, ou de s’accaparer l’autre que ce soit l’ami, l’enfant, le parent, l’être aimé…

Mais qu’y-a-t-il de plus beau que l’Amour qui n’exige rien en retour ?

Et bien souvent chaque instant heureux de la Vie devient un bonheur…

On apprend à apprécier tous les petits moments de calme, la beauté de ce qui nous entoure, les évènements heureux des autres, et à tout relativiser

et

à être à l’écoute des autres, du Monde et de la Vie et être en paix avec soi et les autres. 

 

Le détachement passe aussi par la réflexion sur la Mort et ce texte et clip de Michel Delpech , émouvant , apaisant , je souhaitais vous le partager .

Apprenons à "être serein"

"Cette chanson est une chanson d'adieu, la dernière que Michel Delpech a enregistré :"la fin du chemin". Elle est émouvante. Un clip bouleversant. La voix est claire, posée et l'orchestration épurée car il voulait donner plus de poids aux paroles.


*****
"Voici la fin de mon chemin sur terre.
Je suis à toi, accueille-moi mon père.
Voici mon âme, séchez vos larmes, mes frères.
Je m'en vais là où brille la lumière..."

Chère Sarah,Ouvre tes bras J'arrive
Tu penses à moi,Prépare-moi la rive
Voici la fin de mon chemin Sur terre
Je viens vers toi Accueille-moi Mon père
Adieu la vie Mais je bénis Ma chance
La vérité L'éternité commence
Commence
La vérité L'éternité commence
Au revoir et bonne route

*****

C'est la requête pleine d'espoir d'un homme qui, au terme de sa vie terrestre, prie le Dieu auquel il croit, de l'accepter en son royaume. Une manière de tirer sa révérence, comme le chanteur des "Queen", Freddie Mercury, l'avait fait avant lui. Souvenez-vous, avant d'être emporté par le Sida, en 1991, il avait sorti un tube devenu depuis légendaire, deux mois avant sa mort programmée.
La maladie, on le sait, peut prendre mille visages, même celui de la rémission... Elle l'avait laissé en paix mais pas longtemps... Après avoir tourné ce clip, il ne savait plus s'il allait mourir ou vivre. Mais voilà, le destin est ainsi fait qu'il y a une chose qu'on ne maîtrise pas... La mort.... Il lutte en ce moment mais il sait que cette fois-ci, ce sera difficile de résister à un maladie dont la simple prononciation du nom fait trembler... 
Cette chanson est exempt de droits d'auteur. Il l'a voulu ainsi. Alors je la publie et elle se partage ! ..."

https://www.facebook.com/100008417748677/videos/1494128270877750/?pnref=story

Commenter cet article